• Les différentes formes d'intervention

    Au moment de faire les emplois du temps, la question des inclusions se pose, mais également la question des accompagnements par l'AESH ou des moments de co-intervention ou de co-enseignement.

    A la fin de l'année, au moment des répartitions faites en équipe, j'annonce quelles inclusions j'envisage pour quel élève (je connais déjà une grande partie de mon groupe...). Les collègues concernés sont donc consultés pour établir des projets d'inclusion cohérents. Quel élève profiterait de quels apprentissages, quels élèves auraient besoin d'un accompagnement humain etc.

    J'ai la chance d'avoir une équipe très à l'écoute et qui se montre très arrangeante pour les emplois du temps. Les enseignants du cycle 2 harmonisent leurs créneaux de manière à faciliter les inclusions mais aussi les décloisonnements et les co-intervention.

    Je peux donc très vite établir un premier jet d'emploi du temps pour le dispositif. Il sera bien sur modifié et ajusté régulièrement (ne serait-ce que parce que les créneaux des interventions en EPS n'ont pas été fixés).

    Voilà en gros ce que ça donne pour l'instant:

    Les différentes formes d'interventionOn peut y trouver quatre formes de prises en charge:

    - avec le groupe au complet,  parce que ça m'arrive de les garder tous pour travailler sur des projets (ou en arts visuels parce que c'est un domaine que j'aime explorer avec eux)

    - avec un petit groupe de quelques enfants seulement du dispositif  (les autres pendant ce temps-là sont en inclusion). Le groupe est donc variable avec des arrivées et des sorties à divers moments de la journée.

    - les temps de co- intervention: je prends les enfants qui sont encore avec moi dans le dispositif (ceux qui sont en inclusion y restent bien évidemment) et avec ces élèves je rejoins la classe d'une de mes collègues.  Nous sommes deux pour animer une séance. L'année dernière ça a pris la forme d'un projet autour des jeux de société mais également les séances de chant chorale et de jeux rythmiques. Pour l'année à venir, certaines séances d'EMC sont prévues en co-intervention.

    - les temps de co-enseignement (ce qui figurent les lundis et jeudis sur mon emploi du temps en jaune). La plupart de mes élèves est en inclusion sur ce créneau (merci aux collègues d'avoir accepter d'uniformiser ces 2 créneaux!) Mon AESH accompagne 2 loulous en CE1. Durant ces séances je vais prendre la moitié du groupe de CP CE1 de ma collègue,  elle prendra l'autre moitié du groupe. Ces séances nous permettent  de dédoubler une classe (en y ajoutant 4 élèves du dispositif) et de pouvoir travailler sur des ateliers de 7 élèves environ et ainsi de pouvoir favoriser la parole, la manipulation et l'expérimentation. Je ne mets en place ce type de prise en charge que si les enfants qui m'accompagnent ont leur place dans cette classe et qu'elle correspond à leur niveau.

    Les différentes formes d'intervention

    Il m'arrive également de prendre certains élèves des classes de mes collègues au sein du dispositif.(ce que certains nomment des inclusions inversées) Nous sommes très prudents avec cette forme de prise en charge car les parents ne sont pas prêts à entendre que leur enfant est venu travailler "en ulis". L'idée est souvent de mettre en place des ateliers d'écriture avec quelques élèves du dispositif et quelques élèves d'une autre classe (le travail sur le journal de l'école sera la forme retenue pour l'année prochaine.) Ainsi tous les élèves pourront participer à ce journal à divers moments de l'année (en fonction des sorties, des événements, des activités mises en place).

    Dans le cadre des ateliers d'écriture, les élèves des autres classes pourront s'inscrire sur la feuille que vous voyez à gauche. Par groupe de 5, ils me proposent un thème pour leur article et ils viennent le rédiger au sein du dispositif, tous les vendredis en début d'après-midi.

    2 élèves de CM1-CM2 tiendront le rôle de rédacteur en chef chaque semaine.

     

     

    Je ne suis pas une enseignante de RASED, pas question donc pour moi de fonctionner exclusivement de la sorte en sortant pour quelques séances les élèves de leur classe. je ne suis pas non plus PDMQDC, ni l'AVS qui serait là pour accompagner un élève dans une autre classe. Proposer diverses prises en charge permet de s'adapter aux besoins des élèves mais également de favoriser des inclusions plus "accompagnées". Le travail en équipe joue un rôle essentiel et je mesure la chance que j'ai d'avoir une équipe aussi investie que la mienne....

    Je rajoute ici une petite infographie sur les missions du coordo...

    Les différentes formes d'intervention

     

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  • Commentaires

    1
    Justine
    Vendredi 3 Août à 10:57

    Bonjour Adeline,

    Je suis enseignante dans une ULIS spécifique et je ferai ma deuxième rentrée en septembre. J'ai aussi la chance d'avoir des collègues en or avec qui on peut travailler et mettre en place différents types de prise en charge. Grâce à ton article, je me rends compte que l'année dernière, j'ai réussi à mettre en place de la co-intervention et du co-enseignement mais très peu d'inclusion inversée. Ca me donne envie de me lancer l'année prochaine.

    Dans mon école, les parents n'ont pas trop de réticences à ce que les élèves fassent des projets avec les autres classes. Alors je me dis que réaliser un projet avec des petits groupes d'élèves qui viennent au sein du dispositif pourrait être enrichissant (autant pour les élèves du dispositif que pour les élèves des classes de référence ou encore même pour moi).

    En tout cas je te remercie pour tout ce que tu partages avec nous via ton blog mais aussi ton compte instagram. Tu es une source d'inspiration pour moi et tu m'aides à y voir un peu plus clair sur le métier d'enseignante spécialisée et plus particulièrement d'enseignante en ULIS. 

    Justine

    2
    Vendredi 3 Août à 11:44

    Merci pour ton adorable commentaire... mon compte insta et mon blog sont encore tout jeunes mais je suis ravie de partager avec d'autres PE spécialisés ou non. Je te souhaite de prendre beaucoup de plaisir dans l'ash!! Nous avons la chance d'avoir des collègues investis et volontaires alors ne nous privons pas d'expérimenter, d'oser. ..le travail en équipe est une véritable richesse!

    3
    Vendredi 3 Août à 11:45

    Encore merci d'être passé par ici et au plaisir de te retrouver pour des échanges et des partages...

    4
    Mercredi 3 Octobre à 11:50
    sage

    Nous fonctionnons cette année dans mon école 5 classes + dispositif ULIS avec un créneau "en barrette" pour pouvoir faire du co-enseignement, car nous arrivons à 25 à 60 % d'inclusion selon les PPS des élèves d'ULIS et les classes de référence , donc on souhaitait travailler en co-enseignement avec la collègue d'ULIS qui se retrouve avec des moments de creux forcément (les inclusions ne nécessitent pas toujours sa présence en classe).
    La hiérarchie nous dit que non, pas le droit.
    Les référentiels spés, dirs, et la circulaire ULIS sont floues sur le sujet, donc ce n'est pas interdit.
    Dans quelle mesure on a réussi à vous l'autoriser ? Ici c'est le RASED, les CPC (donc l'IEN) et l'enseignant-référent qui nous cherchent noise...
    ¨Pour l'avoir vécu dans le second degré en temps que PE spé en segpa, bossant en barrette horaire sur ldes projets avec les élèves de collège "ordinaires" ou échangeant avec l'ULIS, etc., je trouve assez insupportable et  stupide qu'on tente de nous supprimer ce moyen (alors même qu'en tant que dirlette, c'est à moi d'organiser les décloisonnements et échanges de service, et le co-enseignement entre dedans).
    Comment avez-vous justifier cette mise en oeuvre dans ton école ?

      • Jeudi 4 Octobre à 12:07

        La hiérarchie vous refuse le fonctionnement en barrettes ou la co-intervention??

        Pour la co-intervention, c'est dans les fonction du coordo. Pour le fonctionnement en barrette, personne ne s'y est jamais opposé ici (on doit avoir une équipe plus compréhensive que chez vous j'imagine). Tant que ca fonctionne, ils nous font confiance. Qu'est ce que le rased et l'enseignant référent viennent faire là dedans? Je sais que le coté français maths le matin est plutot contesté mais honnêtement, chez nous les élèves sont plus disposés à travailler le matin (on a tout de meme des créneaux maths français l'aprem à cause du passage à la semaine de 4 jours) mais dans l'ensemble, le fonctionnement en barrette est plus pratique pour chacun de nous (et je l'avoue pour moi aussi!). Après si ce qui les gène c'est français maths le matin, vous pouvez faire des barrettes tout de même mais avec des créneaux de QLM le matin et de maths/français l'aprem. Si c'est la barrette qui gène, alors je serais curieuse de savoir pourquoi????

        Bon courage à toi et à ton équipe. On essaie tous de faire au mieux mais quand la hiérarchie de nous suit pas, on perd de l'énergie et du temps pour des discussions sans fin...c'est dommage.

         

      • Jeudi 4 Octobre à 20:17
        sage

        non ce qui gêne c'est l'utilisation de la coordinatrice... suis moi-même PE spé (15 ans de segpa avant retour à l'ordinaire, segpa où j'ai toujours bossé avec les ULIS d'une part mais également des heures collège avec des mômes "en ordinaire", bref) et organiser l'école ainsi m'a paru évident, d'autant que sur certaines créneaux, la coordinatrice n'a quasiment pas d'élèves.
        L'enseignante-référente, tu as raison, on s'en fiche. elle dit que c'est pas bien, mais on s'en fiche. Sauf qu'elle donnera son avis en circo aussi.
        C'est le RASED qui trouve qu'on marche sur ses plates bandes et a fait remonter en circo... or si l'IEN ASH a bien dit que les coordinateurs ULIS pouvaient aussi intervenir avec des élèves non ULIS, ce n'est pas spécifié dans les référentiels des PE Spé, ni dans la circulaire de 2015 sur l'ULIS. Les textes font des coordinateurs des personnes ressources pouvant  conseiller, mais on n'a pas d'appui, face aux CPC et donc bientôt l'IEN derrière le Rased, pour justifier que notre coordinatrice aient des élèves non notifiés avec les élèves notifiés. Certains créneaux ne sont pas en co-intervention, juste en co-enseignement donc parfois deux classes différentes. Bref, c'est plus un problème de susceptibilités d'adultes, alors que les élèves, et leurs parents, n'y voient aucun inconvénient

      • Jeudi 4 Octobre à 21:26

        C'est fou ce que tu me dis la....!!!!

        Regarde le référentiel de compétences que j'ai mis sur ma page face book (au même nom que le blog). J'ai un problème de connexion et je ne peux rien publier sur le blog a partir de l'ordi mais ça devrait déjà t'aider à leur montrer que ça fait totalement partie des missions du coordo! 

      • Vendredi 5 Octobre à 07:28
        sage

        je vais l'ajouter au beau projet que je suis en train d'écrire ^^

        quand je pense que dans le second degré, les chefs d'établissement n'hésitent pas à nous utiliser, et que là, c'est carrément le contraire, brrrr...


        d'autant que ça nous a permis de sérieusement faire la différence aussi entre un élève pour lequel une aide RASED n'apporte au final pas grand chose, et de faire des demandes d'aide donc pour des élèves jusque là juste suivi en APC.

        J'ai beaucoup beaucoup poussé pour que mes collègues pratiquent vraiment l'inclusion, je ne vais pas les lâcher maintenant, alors qu'ils y voient aussi un bénéfice pour le reste de leur classe ;-) (bon, perso, j'ai toujours vu un bénéfice dans le fait d'inclure des élèves "différents", ne serait-ce que parce qu'ils ne le sont pas tant que ça, il y a juste une différence d'orientation avec d'autres élèves dont les parents refusent tout, bref).

        Mais voilà, des articles comme le tien me donnent des billes pour monter au créneau, parce que je ne suis pas une grande communicante, mais que là, ça en vaut la peine.

         

    5
    Vendredi 5 Octobre à 08:02

    Oui tiens bon! Bon courage...

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